RCE : quand le bon sens disparaît des rivières Depuis quelques années, un nouveau terme s’est imposé dans le monde des cours d’eau : le RCE, pour Rétablissement de la Continuité Écologique.
Sur le principe, qui pourrait être contre ? Restaurer les milieux aquatiques et favoriser la circulation des poissons sont des objectifs que je partage pleinement.
Mais sur le terrain, certaines situations me laissent parfois perplexe.
Je suis né au bord de l’eau et j’y ai passé une grande partie de ma vie. Bien avant d’être pêcheur à la mouche, guide ou facteur de cannes, j’étais avant tout passionné par les milieux aquatiques.
J’ai vu évoluer nos rivières.
Et malheureusement, pas toujours dans le bon sens.
Aujourd’hui, je vois parfois des publications qui pointent du doigt une petite cascade réalisée par des enfants ou quelques pierres déplacées dans un ruisseau, en expliquant qu’elles seraient responsables d’une rupture de continuité écologique ou d’un réchauffement de l’eau.
Pendant ce temps, on oublie souvent les véritables bouleversements que nos paysages ont connus.
Le remembrement a profondément transformé nos campagnes. Les haies ont disparu, les talus ont été supprimés et le bocage a reculé.
Les conséquences sont visibles : davantage d’érosion, plus de ruissellement, une qualité de l’eau dégradée et des habitats qui disparaissent.
Et les rivières ne sont pas les seules concernées.
Le petit gibier a lui aussi payé un lourd tribut à la disparition du bocage.
C’est pourquoi je reste convaincu que pêcheurs et chasseurs devraient être davantage réunis autour d’un même objectif : préserver nos paysages, replanter des haies, protéger les zones humides et retrouver un peu de ce bon sens qui a longtemps façonné nos campagnes.
Car une rivière en bonne santé commence d’abord par un bassin versant en bonne santé.
Et avant de vouloir corriger une rivière, il faut peut-être commencer par l’observer.
FCS
